vendredi 21 octobre 2016

Film : Arizona Dream

            Axel a vingt ans et c'est un grand rêveur. Il se rend dans l'Arizona pour le mariage de son oncle et s'en suit alors un enchaînement de folles péripéties entre rêves éveillés et relations toxiques. Un classique déjanté d'Emir Kusturica en somme !

Arizona Dream est un film qui me suit depuis mon adolescence, je ne suis carrément pas objective. Complètement barré, fou, un peu dérangeant avec une pointe de tragique. C'est un exercice compliqué de vous décrire ce film qui est pour moi plus un sentiment confus et une succession d'image qu'une histoire linéaire. Johnny Depp dans le rôle de ce jeune homme perché se laisse porter dans la folie des deux femmes qu'il côtoie avec talent. Elles sont épiques et dérangeantes. Ça parle aussi d'amour, du fait de grandir peut-être aussi, de la violence de la réalité et simplement du rêve. Malgré qu'il soit drôle, ce n'est pas un film simple, ni par son propos ni par sa forme, il faut être motivé pour le voir. Il ne plait pas à tout le monde mais pour moi c'est un incontournable à découvrir ou redécouvrir encore et encore ! Attention, il date de 1993, il n'est plus tout jeune, ce qui pourrait en rebuter certain...

samedi 15 octobre 2016

Film : Miss Peregrine et les enfants particuliers

        D'après le grand père de Jacob, il existerait un lieu coupé du monde où une dénommée Miss Peregrine tiendrait une maison pour "enfants particuliers". Un endroit aux allures magiques où chaque résident serait libre de vivre avec ses capacités hors du commun sans avoir de comptes à rendre à la société. Après le décès de ce dernier, hantés par ses fables, Jacob décide de découvrir la vérité sur ce lieu.


Enfin un Burton libéré ! Drôle, glauque, effrayant, magique, féerique, décalé et coloré, Miss Peregrine et les enfants particuliers me réconcilie avec le réalisateur qui a bercé mon adolescence ! Commençons par le gros point noir de cette œuvre pour enfin vous expliquer pourquoi elle est si charmante. L'acteur principal n'est clairement pas à la hauteur du film. Le personnage effacé de Jacob est interprété de manière molle et creuse par Asa Butterfield, un jeune acteur dont je ne retiendrais pas le nom. Il semble absent, absolument pas dans le jeu et c'est bien dommage quand on voit que le gamin qui joue sa version plus jeune arrive à rendre ce personnage délavé vivant et captivant. Mais cela est très vite compensé par la richesse d'éléments scénaristiques et de personnages que nous présente le film. Le fil rouge qu'est Jacob devient très secondaire à mon goût et très vite on se laisse emporter par tous les autres protagonistes ! Et miracle absolu, ce film m'a réconcilié avec Eva Green, qui me sortait complètement par les yeux et que j'ai trouvé particulièrement convaincante dans son rôle de Miss Peregrine. L'exploit est vraiment grand, je vous assure. 


Burton se réinvente ! Dans cette adaptation, il a réussit le tour de force de mélanger ses différents styles et de les agrémenter de modernité. Le personnage d'Emma m'a terriblement fait penser à Sandra Templeton dans Big Fish, Enoch renvoie au plus récent Frankenweenie et les mystérieux jumeaux, aux personnages de L'étrange Noël de M. Jack. A côté, on a le père de Jacob, désabusé, en bermuda, en complet décalage avec tout l'univers et l’esthétique et que cela est drôle ! Chaque personnage est attachant à sa manière et le méchant tellement pitoyable qu'il en devient grandiose. Tout y passe, des paysages grinçants à ceux saturés de couleurs que Burton peut nous offrir en passant par ses créatures glauques et ses esthétiques pastelles. Grandiose et pathétique se succèdent et se complètent. Tout ce que le réalisateur maîtrise est exploité avec talent et ça fait du bien !! C'est drôle, déconcertant, complètement fou. J'ai néanmoins la sensation que si j'ai autant apprécié, c'est parce que j'avais l'impression que Burton s'adressait directement à mon âme de fan-girl en me disant "tu as vu, je sais toujours faire !" et me sentant prise à parti, j'avais juste envie de rire et de plonger dans son délire perché et de savourer. Je ne sais pas si quand on n'est pas sensible ou sensibilisé à l'univers, cela est aussi délectable ... D'après les gens avec qui j'y suis allé, il on aimé.

Attention, ce film me parait cependant à déconseiller aux jeunes enfants !

lundi 10 octobre 2016

Film : Big Eyes



              Margaret est une jeune mère passionnée de peinture qui décide un jour de quitter son mari et de recommencer sa vie. Essayant de joindre les deux bouts, elle fait la rencontre de Walter Keane, sulfureux personnage au talent très modeste, qui va l’entraîner dans une aventure fantasque.


Grande amatrice des films de Tim Burton, j'avais fait l'impasse sur cette oeuvre très peu médiatisée. Loin du fantastique et du morbide qui anime habituellement son travail, Big Eyes s’inscrit plus dans la veine de Big Fish ou Pee-wee. Une histoire plus réaliste, filmée sur des tons pastels et des personnages dilués qui se laissent emporter par des événements qui les dépassent. Je reste mitigée. Le film est beau, complètement signé Burton dans son traitement des personnages et son visuel mais l'histoire est un peu creuse et sans grand intérêt. Tout semble joué d'avance, on est satisfait par la fin mais rien ne m'a vraiment transportée ou surprise. Le personnage de Walter Keane m'a fatigué, je ne saurait dire si c'est l'acteur ou le rôle, quoi qu'il en soit, j'était contente que ça se termine. C'est un film très simple, qui nous raccroche à un univers Burtonnien familier mais sans grande profondeur ou singularité.

jeudi 6 octobre 2016

Livre : Inès de mon âme




       Inès Suarez, déclinante après avoir vécu une très longue vie, se met en tête de raconter à sa fille son aventure par le biais d'un journal un peu décousue. De la découverte du nouveau monde à la conquête du Chili, Inès nous conte ainsi ses périples et ceux des grands hommes qui on fait partit de sa vie.


J'adore la thématique de la conquête de l'Amérique depuis toujours et l'écriture d'Isabel Allende. Dans cette histoire elle nous transporte dans un monde rude et parfois cru à la découverte d'une nouvelle terre. La narration décousue faite par le personnage d'Inès Suarez nous frustre en nous "spoilant" des événements futurs par bride et en se perdant dans l'histoire mais cela donne un aspect authentique à cette dernière. On a vraiment l'impression qu'on nous raconte une histoire orale, et cela joue sur notre immersion. Espagne, Chili, inquisition, voyage, désire, combat, colonisation, racisme, rencontre, climat tropical, voyage, sang, injustices, torture, guerre, construction, personnages charismatiques ... et bien d'autres choses.

Série : The Magicians


          The Magicians nous plonge dans la vie de Quentin et Julia, deux amis d'enfance qui découvrent un jour que la magie qui peuplait leurs contes de jeunesse est en fait bien réelle. Divisés par cette découverte, chacun se met à suivre un chemin différent dans l'apprentissage de cet art traversant des épreuves cruelles et violentes.


Cette série fantastique est une très jolie découverte.  Un Harry Potter plus  adulte  et  plus
diversifié. Je dirais même, un peu plus qu’un Harry Potter. Les protagonistes sont nombreux, les mystères opaques et les événements se succèdent un peu comme dans un rêve. Mêlant intrigues magiques et épreuves de la vie aux travers du parcours de ces jeunes adultes, la série est très vite prenante et les rebondissements nombreux. La manière de traiter la magie en elle même et la façon de l'exercer est fascinante, le monde qui va avec est d'ailleurs assez riche. L'histoire nous happe sans non plus nous tenir dans un suspense accablant, faisant ainsi de chaque épisode un moment satisfaisant. Des surprises, pleins de surprises vous attendent ! On ne joue pas avec nos émotions à l’excès, ni avec nos peurs, on nous emmène dans une sorte de contemplation tout en gardant notre attention avec une aventure charnue. Des références à la pop culture disséminées un peu partout nous font sourires. L'humour est de la partie, même si il a tendance, de plus en plus, à virer au graveleux... 

Néanmoins quelques petits passages un peu naïfs emmenés par la maladresse quelque peu grossière de certains personnages gâche un peu l’immersion. La série semble vouloir s'éloigner d'un schéma classique du héros central pour aller vers une pluralité de personnages traités de manière assez égales, cependant, elle reste bloquée sur environs sept d'entre eux. Sept c'est déjà pas mal, me direz vous, mais certains passages laissent un vide monstrueux, on nous introduit des personnages de fond pour faire masse et ces derniers disparaissent carrément de l'écran a peine quelque instant après. Il n'y a pas de place pour des interactions extérieures à celle avec les personnages principaux et cela limite l'étendue de l'univers et desservant parfois le réalisme du scénario. Par exemple, de nombreuse fois, je me suis interrogée à propos de pourquoi les personnages n'allait pas simplement solliciter de l'aide auprès de leurs professeurs, au moins à titre indicatif. Ces derniers semblent particulièrement impuissant de manière générale, on fini par nous expliquer plus ou moins pourquoi, mais leurs connaissances supposées passent trop à la trappe à mon goût. De plus, la réalisation mettant en valeur le côté onirique de l'histoire, cela emmène parfois à des raccourcit qu'on a du mal à suivre en temps que spectateur. Cela semble encore un peu expérimental, néanmoins j'approuve vraiment le principe, surtout que certain passages de ce type servent profondément l'intrigue !


      En somme cette une bonne série fantastique, et il y en a suffisamment peu pour le souligner ! Quelques petits défauts assombrissent un peu le tableau mais n'enlèvent rien à la qualité de l'histoire. J'ai bon espoir, il y a beaucoup de matière à exploiter que ce soit au niveau des personnages comme de l'univers et simplement de cette fin épique. Ah, et ai-je précisé qu'il y a autant de femmes que d'hommes et qu'elles ont autant d'importance ? Un détail qui m'a fait du bien.



Visionnage : 1 saison (saison 2 en cours)